La géothermie, c’est permis !
La géothermie consiste, comme son nom l’indique, à utiliser la chaleur du sol. Ses applications sont très anciennes et variées, des sources thermales des Romains à la production électrique des islandais.
Face aux enjeux climatiques, cette énergie propre a un fort potentiel de développement, et notamment en région Centre. L’ADEME et la région se sont dotés d’un « Grand Projet Pôle d’Efficacité Energétique » pour stimuler recherche, coopération et valorisation des bonnes pratiques en matière de bâtiments durables et d’énergies renouvelables, dont la géothermie. Une des applications est la plateforme de test inaugurée par J-L Borloo en 2008 au BRGM.
Mais au fait, concrètement, ça marche comment ?
Géothermie, pompe à chaleur, puits canadien…
Quant il s’agit de la mettre en pratique, la géothermie devient bien moins simple qu’au premier abord ! Il existe en effet plusieurs déclinaisons et il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver… Je vais donc essayer de vous présenter les différents systèmes géothermiques applicables dans nos maisons.
Pompe à chaleur à capteurs horizontaux

©ADEME
Le prélèvement de la chaleur se fait par des tubes enterrés dans le sol à une profondeur comprise généralement entre 60 et 120 cm. L’eau glycolée ou le fluide caloporteur qui circule sous votre jardin récupère la chaleur du sol puis le système de pompe à chaleur va extraire les calories et les transmettre à votre système de chauffage.
Avantages = pas besoin de forage, adapté aux zones constructibles de plaine
Inconvénients = grande surface de terrain (1,5 à 2 fois la surface habitable à chauffer) et peu accidenté, impossibilité de réaliser certains aménagements (plantations, terrasse, piscine…), besoins en électricité pour alimenter le système
Puits canadien ou provençal
Il s’agit d’une variante du système précédent. Dans ce cas, le fluide caloporteur est l’air capté au fond du jardin qui est ensuite mis à la température du sol par un réseau de serpentins situés à 150 cm de profondeur. Cet air « tempéré » permet ensuite d’alimenter la VMC de la maison.
Avantages = pas besoin de forage, adapté aux zones constructibles de plaine, permet le rafraîchissement en été
Inconvénients = impossibilité de réaliser certains aménagements (plantations, terrasse, piscine…), maîtrise de la circulation de l’air du logement (difficile à réaliser en rénovation)
Pompe géothermique sur nappe aquifère
Le prélèvement de chaleur s’effectue grâce à des capteurs verticaux en profitant de la température de l’eau de la nappe aquifère située en profondeur (50 à 100 m selon la géologie locale). L’eau glycolée est envoyée dans le sous-sol grâce à un forage et utilisée ensuite pour transmettre sa chaleur au système de chauffage.
Avantages = pas besoin d’un grand terrain, température stable à 14/15°C, intéressant pour les logements collectifs et les réseaux de chaleur urbain
Inconvénients = limitée à certains zones géographiques, besoin de réaliser un forage, systèmes coûteux à l’installation
Oui mais !
La géothermie pâtit sensiblement de la mauvaise image des pompes à chaleur. En effet, nous avons tous entendu parler des problèmes liés à l’installation des PAC air/air : prix exorbitants, matériels défectueux, installateurs véreux… Cependant il ne faut pas confondre PAC aérothermique et PAC géothermique ! Il faut dans tous les cas faire appel à des installateurs qualifiés et demander de l’aide auprès de l’ANAH et des Espaces Infos Energie. Le guide édité par l’ADEME (consultable ici) vous permettra également d’approfondir le sujet et d’avoir une idée du coût de ces installations.
Autres applications et perspectives
La géothermie est assez développée partout dans le monde pour fournir chaleur ou électricité, comme en Islande, en Indonésie, aux Etats-Unis… L’utilisation de la chaleur du sous-sol a de multiples applications : balnéothérapie, pisciculture, chauffage de serres agricoles, conserveries et surtout cogénération. Un grand projet est actuellement mené dans les Vosges (à Soultz-sous-forêts) pour transformer la chaleur des « roches chaudes fracturées » en électricité en y injectant de l’eau.
En attendant la géothermie du futur, voici quelques exemples d’utilisation de cette technologie à travers le monde…
Site des Geysers du Mayacamas
Situé à quelques encablures de San Francisco, il s’agit d’un site de production d’électricité qui utilise la vapeur projetée par les geysers pour faire tourner une turbine couplée à un générateur électrique. l’inconvénient majeur est la perte d’eau par évaporation : le système doit constamment amener de l’eau par pipeline pour l’injecter dans le sol afin d’alimenter le geyser…

©BRGM im@gé

©BRGM im@gé
Bouillante
Direction la Guadeloupe, avec la centrale de Bouillante qui utilise sa proximité avec le volcan de la Soufrière pour produire de l’électricité depuis 1984. Suite aux testes réalisés depuis les années 60, certains forages atteignent jusqu’à 300 m de profondeur. Actuellement d’une puissance de 15 MW, cette installation couvre environ 10% des besoins annuels en électricité de l’île !
Fort de cette expérience, de nombreux projets sont en cours en Martinique et à la Réunion…
Les Onsen
C’est le nom des sources thermales naturelles au Japon (haut lieu de la tectonique des plaques). Lieux traditionnels de relaxation et de soins, ils sont également le refuge des macaques dans le nord du pays…
Je ne sais pas vous mais par ce temps-là, je ferais bien comme eux


Connais tu le temps moyen de retour sur investissement d’une installation de géothermie ?
Difficile de répondre car comme je l’ai indiqué, il existe plusieurs techniques différentes avec d’importantes variations de prix selon les cas…
Mais, d’après ce que j’ai pu lire ici ou là, une installation de pompe à chaleur géothermique à capteurs horizontaux se rentabiliserait dans les 7 ans environ.
En tout cas, c’est une solution à privilégier plutôt en construction neuve ou lors de gros travaux de réhabilitation qu’en simple rénovation…
Pour moi, le poste de dépenses à choisir en priorité (en neuf comme en réno) reste l’isolation ! Isoler isoler isoler… et après on voit l’argent qu’il reste pour envisager l’apport d’énergie renouvelable pour se chauffer !
C’est clair que l’isolation est la priorité.
Ensuite, il suffit de peu de chose pour augmenter la température de la maison (chauffage au bois) ou éventuellement l’abaisser en été (puits provençal) dont le coût n’est pas très élevé.