Une maison économe avec ou sans fil ?
Derrière ce titre obscure se cache une réflexion sur la manière de rendre sa maison plus économe…
En effet, cette semaine j’ai eu l’opportunité de visiter les locaux de Wirecom, société d’innovation technologique en matière de domotique éco-efficiente. Cette société orléanaise développe et commercialise des solutions d’économies d’énergie destinées aux bâtiments et aux équipements consommateurs. Le but est de faire la chasse au gaspillage en optimisant l’usage des locaux en fonction des besoins réels : ouverture des volets, éclairage, gestion du chauffage… adaptés automatiquement à votre présence ou non et aux conditions climatiques. Le principe repose sur 2 notions : l’architecture neuronale pour que chaque élément communique de façon autonome et le CPL (courant porteur en ligne) pour transmettre les informations via le réseau électrique. Leur système faisant ainsi la chasse au gaspillage permettrait d’économiser 20 à 50% de la facture d’énergie (chauffage + électricité). Pour l’instant, les particuliers ne sont pas encore visés car la technologie est en cours de développement, cependant plusieurs bâtiments tertiaires sont déjà équipés, y compris leur vitrine technique à Orléans.
Cette société fait l’objet de nombreux espoirs et spéculations. Nicolas Sarkozy himself est même venu visiter le site et l’a présenté comme un exemple à suivre dans la philosophie du Grenelle de l’Environnement.
Mon ressenti
Premier constat, cette solution ne sera proposée aux particuliers qu’entre 2012 et 2015 ! Petite déception face à ce délai qui me semble bien trop long… Ce sont d’abord les bâtiments tertiaires qui sont visés par cette technologie : est-ce bientôt la fin des plateaux tertiaires éclairés jour et nuit ? C’est à souhaiter…
Deuxième constat, trop de technologie tue la technologie ! Je m’explique : après cette visite, j’ai le sentiment d’une accumulation d’outils et méthodes qui complexifie l’usage d’un bâtiment. L’ »Ecosm », c’est le nom de leurs locaux, utilise 2 puits canadiens couplés à des pompes à chaleur air/eau. Le réseau d’air tempéré passe dans des doubles parois en parpaing (!) et alimente les PAC qui alimentent ensuite les cassettes de chauffage dans les bureaux. Le tout est « sous cloche » puisque les 2 bâtiments sont protégés par une serre, elle-même équipée de panneaux solaires sur plus de 300 m2… Ou l’art de faire compliqué quand on peut faire simple… Mais peut importe puisque le système gère tout automatiquement : plus de 180 capteurs (température, humidité, vitesse du vent…) pilotent ainsi la gestion des ouvrants de la serre, le fonctionnement des PAC, l’éclairage… pour une consommation annuelle de moins de 50 kWh/m2/an. L’objectif est atteint mais me laisse sceptique.
Ma réflexion
Tout d’abord, je reste convaincu que notre société ne peut progresser que si chacun est conscient des conséquences de ses actes. C’est pourquoi je préfère éduquer et responsabiliser qu’automatiser. Certes, la nature humaine n’aime pas le changement et ce travail est long mais son efficacité est meilleure sur le long terme à mon avis. L’argument utilisé par Wirecom est que, dans une entreprise, les salariés vont éteindre la lumière de leur bureau après une campagne de sensibilisation (avec un sticker sur l’interrupteur par exemple) mais que ce réflexe disparait rapidement dans le temps ; il vaut mieux alors compter sur un système tel que le leur…. D’accord… et pas d’accord ! Le constat est juste mais pour moi, la solution est dans l’amélioration de la compréhension des conséquences du geste et non pas dans la dé-responsabilisation. De plus, le problème réside souvent dans le fait qu’on demande aux salariés de faire des efforts alors qu’à côté de cela ils doivent jeter des tonnes de papier parce que l’entreprise vient (encore) de changer de logo, ou que le patron roule en 4×4, ou que l’usine d’à côté éclaire la région entière durant la nuit, etc… Suite au Grenelle de l’Environnement, des études ont montré qu’après 3 mois de « contraintes » à réaliser des éco-gestes, les gens les intégraient dans leurs habitudes et les effectuaient désormais non plus comme une contrainte mais comme un geste du quotidien « standard ». Et puis je me méfie de l’effet pervers du système : prenez le cas d’une personne qui vit et travaille dans des locaux Wirecom, une fois dans un bâtiment non équipé, qui pensera à éteindre la lumière ? Ni la technologie ni la personne en question… Dommage !
Enfin, sur l’aspect bâtiment pur et dur, vous l’aurez compris, je reste sceptique. Je pense qu’il vaut mieux chercher l’efficacité dans la sobriété et la simplicité que dans l’accumulation de technologies. Un bâtiment bien orienté et bien conçu n’a pas besoin de géothermie + pompe à chaleur + effet de serre + panneaux solaires. Une maison bioclimatique avec une bonne inertie dans les murs n’aura quasiment pas besoin d’apport en chauffage et encore moins de système de régulation évolué. L’impact écologique de l’accumulation de ce genre de technologie n’est pas à négliger (fabrication, transport, exploitation puis fin de vie) alors qu’avec un peu de paille et de terre, on construit des bâtiments tout aussi économes en énergie…
Alors bien évidemment, je soutient l’initiative de Thierry Allard, le fondateur de Wirecom, car sa démarche va dans le sens de la maîtrise de la demande en énergie et de la nécessité de baisser notre impact énergétique. Cependant, je reste prudent sur cette solution « miracle »…

C’est quand même bien ce type d’initiative. Il faudrait qu’elle soit encore plus soutenue.
Je trouve que l’on a du mal à faire émerger dans notre pays des technologies innovantes et les petites entreprises ont souvent du mal à grandir.
Sinon, je suis d’accord avec vous, il faut d’abord penser aux principes de base pour concevoir un habitat bioclimatique (exposition…) mais ce type de technologie apporte un complément vraiment intéressant, voire indispensable. Bien réguler la température, par exemple, à un impact important sur la consommation d’énergie.
Et cette nouvelle voiture comment fonctionne-t-elle ?
Que pensez vous du stop and start ?
En effet, je pense que cette succession de technologies sert surtout d’exemple pour 1) montrer que ça existe 2) montrer que ça marche avec leur système. Il faut bien illustrer s’il on veut faire comprendre ! Et nous avons tous intérêt à ce que les investisseurs et les entreprises comprennent l’intérêt de ce système pour qu’il aboutisse rapidement.
Et pour la voiture eh eh… bah faut attendre la livraison maintenant… Je suis plutôt impatient forcément ! Et je ne manquerai pas de faire un looooong article sur mes premières impressions !